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Un contexte légal renforcé depuis 2018
Depuis le 1er avril 2018, une nouvelle loi encadre plus strictement la reconnaissance de filiation : (co-)paternité ou co-maternité.
Objectif
- Lutter contre les reconnaissances frauduleuses visant uniquement l’obtention d’un droit de séjour
- Permettre aux communes et au Parquet d’examiner l’intention réelle de la reconnaissance
Cas de figure concernés
La loi s’applique dans les cas suivants :
- Reconnaissance par un Belge ou résident durable d’un enfant étranger
- Reconnaissance d’un enfant belge ou résidant durable par un étranger
- Reconnaissance faite à l’étranger
Une procédure en deux étapes
Étape 1 : déclaration de reconnaissance
Vous devrez fournir :
- Acte de naissance (enfant + parent(s))
- Preuve d’identité et de nationalité
- Preuve d’inscription (registre ou résidence)
- Preuve d’état civil (célibat, divorce…)
- Consentement préalable si nécessaire
- Attestation de grossesse (reconnaissance prénatale)
- Traductions légales en cas de documents étrangers
En cas de doute, l’officier de l’état civil peut surseoir à statuer pendant 2 mois, prolongeables par le Parquet jusqu’à 5 mois.
Bon à savoir Si aucune décision n’est rendue dans ce délai, la reconnaissance doit être actée.
Étape 2 : enregistrement de la reconnaissance
Doit être fait dans les 3 mois suivant la déclaration. En cas de consultation du Parquet, le traitement peut prendre jusqu’à 8 mois.
Rejet, annulation et sanctions
Refus ou annulation
- L’officier de l’état civil peut refuser si la reconnaissance semble motivée par le séjour
- Le Parquet peut annuler une reconnaissance frauduleuse, même si la filiation biologique est réelle
Sanctions pénales
Les peines en cas de reconnaissance frauduleuse sont identiques à celles prévues pour les mariages blancs :
- Emprisonnement jusqu’à 5 ans
- Amendes jusqu’à 5 000 €
- Tentatives également punies
Recours en cas de refus
- Aucun recours administratif direct n’est prévu
- Il est possible d’introduire une action en recherche de paternité devant le tribunal de la famille
Et l’intérêt supérieur de l’enfant ?
Des voix s’élèvent contre cette loi :
- Le Conseil d’État estime que le seul critère migratoire ne peut justifier le refus d’une filiation biologique
- Onze associations ont introduit un recours à la Cour constitutionnelle, invoquant une atteinte à la Constitution belge et à la Convention des droits de l’enfant
Besoin d’aide pour sécuriser votre statut en Belgique ?
Le Cabinet Halabi & Associés, avocates spécialisées en droit des étrangers et de la famille, vous accompagne dans toutes les démarches de reconnaissance, même en cas de situation irrégulière ou de contrôle renforcé.
Nous vous aidons à :
- Vérifier si votre dossier est éligible et conforme
- Réunir tous les documents nécessaires selon la commune
- Anticiper les risques de refus pour « fraude au séjour »
- Défendre vos droits devant l’officier d’état civil ou le tribunal
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